Vertiges et fatigue : tout dépend de la forme du fer
Fatigue, maux de tête, vertiges : l'absorption du fer dépend de sa forme et de ce qui l'accompagne. Ce qui la freine, ce qui l'améliore, quand consulter.

Monter un étage et devoir souffler en haut. Une tête qui tourne au moment de se lever. Une fatigue que le week-end ne répare plus. L'Anses rappelle qu'une déficience en fer peut provoquer fatigue, maux de tête, vertige et essoufflement, parce que l'organisme transporte alors moins bien l'oxygène jusqu'aux cellules. Le réflexe qui suit est presque toujours le même : manger plus de fer. Mais il passe à côté de l'essentiel, car tout le fer d'une assiette n'est pas absorbé de la même façon.
Fer héminique, fer non héminique : deux absorptions, pas une
L'Anses distingue clairement deux formes. Le fer héminique n'existe que dans les aliments d'origine animale, où il est lié à des protéines comme l'hémoglobine. Le fer non héminique, lui, est présent dans la plupart des aliments, d'origine animale comme végétale. Et le taux d'absorption du premier est supérieur à celui du second.
Trois facteurs décident du reste, toujours selon l'Anses : l'état de nos réserves, la proportion de fer héminique dans l'alimentation, et la présence de composés qui augmentent l'absorption, comme la vitamine C, ou qui la diminuent, comme les tannins du thé. Autrement dit, une assiette de lentilles accompagnée d'un thé ne se comporte pas comme la même assiette accompagnée d'un agrume.
Associer, décaler, varier : les gestes qui changent l'absorption
- Associer une source de vitamine C à chaque plat végétal riche en fer : un agrume, un jus pressé, des poivrons, du persil. C'est le levier que l'Anses cite explicitement du côté des composés qui augmentent l'absorption.
- Décaler le thé et le café hors du repas plutôt que de les supprimer : ce sont les tannins pris en même temps que le fer qui posent problème, pas la boisson en elle-même.
- Varier les sources : l'Anses cite le foie, la viande, le poisson et les fruits de mer, les légumineuses, les noix, les céréales, le jaune d'œuf et les légumes à feuilles vertes.
- Mettre des légumes secs au menu au moins deux fois par semaine, comme le recommande Manger Bouger — lentilles, haricots, pois chiches, pois cassés, fèves.
Un point mérite d'être dit franchement : se supplémenter « au cas où » n'a pas de sens. L'Anses précise que le risque d'excès de fer est négligeable chez les personnes dont la fonction intestinale est normale, mais que des surcharges chroniques existent chez les personnes atteintes d'hémochromatose, une maladie génétique qui provoque des dépôts de fer dans tous les tissus. Seul un bilan sanguin permet de savoir s'il y a réellement carence, et ce que vaut la peine de corriger.
Qui est le plus exposé, et pourquoi il faut chercher la cause
L'Anses identifie les populations les plus à risque : celles dont les besoins sont élevés du fait de la croissance — nourrissons, enfants, femmes enceintes —, celles qui subissent des pertes menstruelles abondantes ou présentent des pathologies associées à des saignements, et celles dont l'absorption du fer est diminuée, par exemple du fait d'une inflammation ou d'une infection.
Cette liste dit quelque chose d'important : une carence en fer n'est pas seulement une question d'assiette. C'est souvent le signe d'une perte ou d'un trouble d'absorption qu'il faut identifier. Corriger l'alimentation sans chercher la cause revient à remplir un seau percé.
Des vertiges qui imposent d'appeler le 15
Tous les vertiges ne relèvent pas du fer, et certains ne relèvent pas de l'alimentation du tout. La Haute Autorité de Santé retient six signes d'alerte d'un accident vasculaire cérébral, surtout lorsqu'ils apparaissent brutalement : faiblesse ou paralysie d'un bras, d'une jambe ou d'un côté du corps ; perte de sensation d'un bras, d'une jambe ou d'un côté du visage ; difficulté à parler ou à trouver ses mots ; trouble de l'équilibre ou difficulté à marcher ; perte de la vue d'un œil ; mal de tête très fort et brutal.
Dans ces situations, il faut appeler le 15 immédiatement, même si les signes disparaissent en quelques minutes : la HAS rappelle que le risque d'un AVC plus grave dans les jours qui suivent reste élevé. Le 114, accessible par SMS, visio ou tchat, existe pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques.
Quand en parler à votre médecin
Décaler le thé, ajouter un agrume, cuisiner des lentilles deux fois par semaine : ces gestes se mettent en place dès cette semaine et ne coûtent rien. En revanche, si la fatigue, l'essoufflement ou les vertiges s'installent, s'aggravent ou s'accompagnent de palpitations ou de règles nettement plus abondantes, parlez-en à votre médecin traitant plutôt que d'ajuster seul vos compléments : une prise de sang répond plus vite qu'un mois d'essais alimentaires. Cet article est une information générale de santé et ne remplace pas un avis médical.
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