Pourquoi la masse grasse ne bouge-t-elle pas malgré le régime ?
Vous mangez moins et la masse grasse ne bouge pas ? L'Inserm pointe la génétique, le sommeil et les horaires de repas — et ce que change une perte de 5 à 10 %.

Vous avez réduit les portions, supprimé les sodas, repris la marche — et la masse grasse, elle, n'a pas bougé. Pendant ce temps, un collègue qui a suivi à peu près le même programme a perdu trois kilos en un mois. Le dossier « Obésité » de l'Inserm apporte une réponse à cette injustice apparente, et elle tient en deux idées : la réponse individuelle à une perte de poids n'est pas la même pour tout le monde, et certains facteurs qui pèsent lourd n'ont rien à voir avec le contenu de l'assiette.
Pourquoi deux personnes au même régime ne perdent pas au même rythme
L'Inserm est explicite sur ce point : les facteurs qui influencent le bilan d'énergie « ne suffisent pas à expliquer l'inégalité des individus vis-à-vis de la prise de poids », puisque certaines personnes prennent plus de poids que d'autres alors qu'elles ont les mêmes modes de vie. Une prédisposition génétique rend compte d'une partie de ces différences : un individu a deux à huit fois plus de risque d'être en situation d'obésité si des membres de sa famille le sont, et des équipes de l'Inserm et du CNRS ont identifié plus de 1 000 régions génétiques associées à une augmentation de l'IMC. Prise isolément, chacune ne joue qu'un rôle faible ; c'est leur cumul, et leur interaction avec l'environnement, qui compte. Autrement dit : comparer votre courbe à celle de quelqu'un d'autre ne dit pas grand-chose de vos efforts.
L'horloge interne : sommeil, horaires de repas, travail de nuit
C'est le facteur le plus souvent absent des programmes minceur, et l'Inserm le place pourtant au même niveau que l'alimentation et l'activité physique. L'insuffisance de sommeil, l'irrégularité des repas et le travail nocturne perturbent l'horloge interne — celle qui règle différentes fonctions de l'organisme et le métabolisme sur environ 24 heures — et augmentent le risque de surpoids. Si vos repas se décalent d'un jour à l'autre et que vos nuits tournent autour de cinq heures, il y a là un levier avant même de retoucher les quantités.
Dans la même liste de facteurs, l'Inserm cite aussi le stress et certains médicaments, comme des antidépresseurs ou les corticoïdes, ainsi que la composition du microbiote intestinal. Un traitement en cours ne s'interrompt jamais de soi-même : la bonne démarche est d'en parler au médecin ou au pharmacien qui l'a délivré.
Ce qui change quand on corrige ces points
Le bénéfice n'attend pas le retour au poids « d'avant ». Selon l'Inserm, une perte de poids modérée, de l'ordre de 5 à 10 % du poids initial, suffit déjà à obtenir des bénéfices cliniques importants sur les complications métaboliques et cardiovasculaires, mais aussi sur le plan musculo-squelettique et articulaire. Et même des augmentations modestes de l'activité physique apportent des bénéfices significatifs sur la santé cardiométabolique, la mobilité et la qualité de vie. Concrètement :
- 150 minutes par semaine, ou 75 en intensité soutenue — Chez l'adulte, il est recommandé au moins 150 minutes hebdomadaires d'activité d'intensité modérée (marche rapide, jardinage, ménage) ou 75 minutes d'activité soutenue, plus des exercices de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine et une réduction du temps passé assis.
- Des légumes secs au moins deux fois par semaine — Lentilles, haricots, pois chiches : la recommandation du Programme national nutrition santé les met en avant parce qu'ils sont naturellement riches en fibres et apportent des protéines végétales. Or les fibres ont un effet rassasiant pendant le repas et augmentent la sensation de satiété entre les repas.
- Au moins 5 fruits et légumes par jour — Par exemple 3 portions de légumes et 2 fruits. Une portion adulte équivaut à 80–100 g, soit à peu près la taille du poing.
- Le jus ne remplace pas le fruit — Les jus de fruits ne comptent pas comme une portion : très sucrés, pauvres en fibres, et sans l'effet de mastication et de rassasiement du fruit entier. Pas plus d'un verre par jour.
- Augmentez les fibres progressivement — Ingérées trop vite et en trop grande quantité, elles peuvent provoquer ballonnements et douleurs intestinales : montez en charge sur quelques semaines et buvez suffisamment d'eau.
À retenir
S'il ne fallait garder qu'une chose : mesurez votre tour de taille, pas seulement votre poids. L'excès de masse grasse abdominale est associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires indépendamment de l'IMC, et l'Inserm situe le seuil de l'obésité abdominale à plus de 100 cm chez l'homme et plus de 88 cm chez la femme (hors grossesse). C'est aussi la mesure qui bouge le plus souvent quand la balance, elle, ne bouge pas. Enfin, si le poids évolue nettement sans raison identifiable ou s'accompagne d'autres symptômes, parlez-en à un médecin : la prise en charge recommandée en France est globale et personnalisée. Cet article est une information générale et ne remplace pas un avis médical.
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