Chute de cheveux : 3 causes qui expliquent la plupart des cas
Perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal. Les 3 causes derrière la plupart des chutes, et ce qui compte vraiment avant d'acheter un complément.

Voir davantage de cheveux dans la douche ou sur la brosse inquiète vite, et le premier réflexe consiste souvent à incriminer l'alimentation : trop de sucre, trop de fritures, trop de sel. Avant d'en arriver là, un repère simple : nous possédons entre 100 000 et 150 000 cheveux, et nous en perdons normalement entre 50 et 100 par jour, qui entament aussitôt une repousse. On parle de perte anormale au-delà de 100 cheveux par jour, ou lorsqu'une zone du cuir chevelu se dégarnit plus que le reste du crâne. Trois causes expliquent la grande majorité des situations, et une seule dépend réellement de ce que contient votre assiette.
Cause n° 1 : l'alopécie androgénétique, la plus fréquente
Elle résulte de deux facteurs combinés : une prédisposition génétique et l'action des androgènes, les hormones sexuelles masculines, présentes aussi en faible quantité chez la femme. Sur un terrain favorable, les follicules du dessus du crâne deviennent particulièrement sensibles à la dihydrotestostérone (DHT), un dérivé de la testostérone. Sous son effet, le cycle de pousse du cheveu est accéléré et raccourci : le cheveu devient plus fin, moins foncé, et les 20 à 25 cycles censés durer toute une vie s'épuisent en quelques années. Chez les hommes d'origine européenne, on estime qu'elle touche environ 20 % des hommes à 20 ans, 30 % à 30 ans, 40 % à 40 ans. Chez la femme, elle concerne environ une femme sur cinq vers 40 ans, mais représente à elle seule 80 % des pertes de cheveux durables.
Causes n° 2 et n° 3 : l'effluvium télogène et les carences
La deuxième cause est passagère et concerne surtout les femmes. Dans l'effluvium télogène, jusqu'à 30 % des cheveux arrêtent brutalement leur phase de croissance ; comme le cheveu mort reste fixé au cuir chevelu, la chute survient environ trois mois après l'élément déclencheur. Parmi les déclencheurs identifiés : l'accouchement, souvent lié à une carence en fer pendant la grossesse, une opération chirurgicale lourde sous anesthésie générale, un épisode de fièvre élevée, un choc psychologique sévère ou l'arrêt d'une contraception hormonale. Cette forme dure le plus souvent trois à quatre mois et est suivie d'une repousse complète, sans traitement particulier.
La troisième cause est celle sur laquelle l'alimentation pèse vraiment. Parmi les chutes diffuses durables figurent les carences alimentaires, notamment en fer, zinc, magnésium ou calcium, ainsi que l'anorexie et les régimes alimentaires extrêmes, précisément parce qu'ils créent ces carences. Autrement dit, le problème vient plus souvent de ce qui manque que de ce qui est en trop. Côté repères, l'Anses fixe la référence nutritionnelle en fer à 11 mg par jour pour les hommes et pour les femmes réglées ayant des pertes menstruelles faibles ou normales, et à 16 mg par jour pour celles dont les pertes sont élevées.
3 changements qui font vraiment la différence
- Faire un bilan avant d'acheter — un dosage sanguin dit si le fer fait partie du problème, ce qu'aucune étiquette ne peut faire. En cas d'effluvium télogène, des compléments contenant du fer sont parfois prescrits temporairement, mais sur indication et non en libre-service.
- Remplir l'assiette plutôt que la vider — pour la santé du cheveu, mieux vaut une alimentation équilibrée qui apporte assez de protéines, de fer, de magnésium, de zinc et de calcium. La viande rouge, la volaille, le poisson et les fruits de mer fournissent à la fois les acides aminés soufrés qui servent à fabriquer la kératine et le fer nécessaire à l'oxygénation des racines ; le jaune d'œuf et les lentilles couvrent une bonne part du zinc et des vitamines du groupe B. Si la chute a suivi un régime restrictif, c'est là que se joue l'essentiel.
- Choisir un produit dont l'effet est documenté — pour l'alopécie androgénétique, le minoxidil s'applique sur le cuir chevelu deux fois par jour, en 2 % chez l'homme comme chez la femme et en 5 % réservé à l'homme ; son effet se fait généralement sentir après trois mois. Le finastéride, sur ordonnance, bloque la transformation de la testostérone en DHT et est réservé aux hommes, contre-indiqué chez la femme. Ces traitements agissent en quatre à six mois et doivent être poursuivis pour conserver le bénéfice.
À l'inverse, une partie des compléments capillaires promet plus qu'elle ne démontre. Dans la réglementation européenne, seules trois substances peuvent revendiquer une contribution au « maintien de cheveux normaux » — la biotine (vitamine B8), le zinc et le sélénium — et uniquement si le produit en apporte une quantité suffisante, tandis que la vitamine B5, la cystéine et la méthionine ne peuvent pas prétendre améliorer la pousse ou la résistance du cheveu. La levure de bière, elle, n'a droit à aucune allégation sur la santé de la peau, des cheveux ou des ongles.
Ce que vous pouvez faire dès ce soir
Prenez trois minutes et remontez le calendrier de trois mois à partir du jour où vous avez remarqué la chute : accouchement, opération, forte fièvre, gros choc, arrêt de pilule, régime sévère. Si vous trouvez un événement, notez sa date et attendez la repousse en mangeant normalement ; si vous n'en trouvez aucun et que la chute suit une zone précise, prenez rendez-vous chez un médecin ou un dermatologue plutôt que d'acheter un complément à l'aveugle. Consultez sans attendre en cas de plaques rondes bien délimitées, de cuir chevelu douloureux, rouge ou squameux, ou de chute brutale et massive. Cet article est une information générale et ne remplace pas un avis médical.
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